Discours de remise du prix de la meilleure maturité bilingue

Collège Ste-Croix – jeudi 4 juillet 2013

Madame la Directrice,
Mesdames, Messieurs,
Chers jeunes,

C’est avec grand plaisir que je vous apporte les salutations du Conseil d’Etat pour la remise de ce prix. Le bilinguisme est une part essentielle de notre identité fribourgeoise, et suisse.
Indem Sie den steilen Weg der zweisprachigen Matura gewählt haben, haben Sie sich dazu entschlossen, diese Zweisprachigkeit zu leben und zu ihrer Dynamik und ihrem Aufschwung beizutragen.
Naturellement, ce bilinguisme a un attrait pratique. Parler deux langues, au moins, ouvre davantage de portes professionnelles.
Les régions dans lesquelles chercher du travail se multiplient. Votre CV s’enrichit d’une ligne déterminante, pour que les entreprises ou les administrations nationales vous ouvrent les bras.
Une étude récente, réalisée par le chercheur genevois François Grin, a montré que parler le français en Suisse alémanique fait gonfler le salaire de 10%. Et connaître l’allemand en Suisse romande augmente même le salaire de 18% ! Mais le salaire n’est de loin pas tout.
Die Zweisprachigkeit bietet nicht nur berufliche Chancen. Sie erweitert Ihren Horizont.
Parler allemand et français permet de se sentir chez soi et de comprendre son voisin, des sommets venteux des Pyrénées aux rives romantiques du Danube.

Les autorités ont bien compris l’importance du bilinguisme comme socle de notre société. Depuis quelques années, la Confédération, via l’Office fédéral de la culture, accorde aux cantons plurilingues des aides pour encourager les rencontres entre communautés, ou l’apprentissage de la langue partenaire dans les administrations et services de l’Etat.
La Confédération a même choisi de faire de l’Institut du plurilinguisme de l’Université de Fribourg le centre de compétences fédéral en la matière.
C’est dire l’importance du bilinguisme dans notre canton, et ce dès son origine. Puisque Fribourg a été le premier territoire francophone à intégrer la Confédération, en 1481. Même si toutes les discussions et les traités étaient en allemand.
A cette occasion déjà, être germanophiles pour les francophones était un atout, voir une condition sine qua non pour tenir le haut du pavé.
Quelques grandes familles francophones ont même transcrit leur patronyme en allemand, comme les Bourquenoud devenus les Bourgknecht, ou les Cugniet devenus les Weck et plus tard les de Weck, comme notre prestigieux invité de ce soir.
Seither bildete unser Kanton stets eine Brücke zwischen den beiden hauptsächlichen Kulturen in der Schweiz. Das hat seine Identität geprägt und macht seinen wirtschaftlichen und kulturellen Reichtum aus.
Im Namen des Staatsrats ermutige ich Sie, die Mehrsprachigkeit zu pflegen. Wenden Sie regelmässig mehrere Sprachen an und leben sie damit aktiv Ihre Brückenfunktion zwischen den Kulturen. Ich danke Ihnen dafür.
Pour terminer, je ne résiste pas au plaisir de citer cet adage „gagner du temps en faisant des détours“, l’apprentissage des langues partenaires est sûrement un détour, mais il permet de tracer un chemin plus inspiré, car plus riche de contacts.
C’est tout ce que je vous souhaite, à ceux qui ont réussi cette année, comme à ceux qui réessaieront l’année prochaine.

Marie Garnier
Conseillère d‘Etat