Balade sur l’alpe pour les naturalisés

Ils sont venus au rendez-vous motivés, souriants, curieux, un peu timides, peut-être. Et à l’heure, comme il se doit pour tout bon citoyen helvétique. En ce samedi matin, le ciel n’est pourtant pas très engageant, sur les hauteurs de Vaulruz. De sévères nuages noirs menacent les alpages et les sommets plus lointains, c’est presque la grande peur dans la montagne. Qu’à cela ne tienne, la petite troupe - une quinzaine de personnes - rassemblée devant la ferme de Michel Chollet est prête à faire face aux éléments. « Nous avons envie de voir comment on vit dans la campagne », raconte Danièle Gaston, une citadine qui habite aujourd’hui à Posieux, après avoir vécu de longues années dans la capitale cantonale.

A l’instar de ses compagnons d’un jour, cette Française d’origine a obtenu récemment le passeport suisse. Elle participe à l’une des sept visites d’alpage organisées en 2014 par la Direction cantonale des institutions, de l’agriculture et des forêts (DIAF) à l’intention des nouveaux naturalisés fribourgeois.

Lire la suite : http://www.laliberte.ch/news/regions/sud/balade-sur-l-alpe-pour-les-naturalises-252531

Questions à Marie Garnier
La conseillère d’Etat fribourgeoise en charge des Institutions, de l’agriculture et des forêts, est à l’initiative de ces visites d’alpages pour les nouveaux naturalisés.

- Pour quelles raisons avoir mis sur pied ces visites ?

L’objectif est double. Il y a d’abord un aspect promotionnel. Tout le monde ne connaît pas les produits du terroir fribourgeois. En amenant des personnes naturalisées dans un alpage, c’est l’occasion de leur présenter la richesse de notre agriculture, et de les inviter dans une certaine mesure à en consommer les fruits. Ensuite, il s’agit aussi de créer des liens entre les différentes personnes, que ça soit entre les naturalisés eux-mêmes ou avec les agriculteurs et les exploitants d’alpages. J’avais l’intuition que ces rencontres pouvaient leur apporter un plus dans leur vécu de nouveaux Fribourgeois. Dans ma jeunesse, j’ai personnellement passé une saison sur l’alpe, et cela m’a été très profitable, en termes d’expérience humaine.

- La très grande majorité des Helvètes a un mode de vie citadin, y compris dans le canton de Fribourg. En invitant les naturalisés dans des alpages, ne renforce-t-on pas les clichés qui font de la Suisse un pays alpestre et bucolique ?

Le monde agricole fait partie intégrante du canton de Fribourg. C’est même à mon avis l’une de ses plus belles composantes. Nos traditions sont riches, c’est un trésor à découvrir. Il ne s’agit pas de jouer avec les clichés et de donner de notre région une vision passéiste, mais de montrer que l’on peut être fier de son patrimoine tout en vivant dans la modernité. A l’image du couple Chollet de Vaulruz, les paysans fribourgeois sont ouverts sur le monde.

- Après les alpages, le canton va-t-il organiser pour les naturalisés des visites de ses hautes écoles, de ses lieux culturels ou de ses entreprises ?

Pourquoi pas ! Les visites d’alpages mises sur pied cette année sont une première, et cela fonctionne bien. On peut parfaitement imaginer d’inviter les naturalisés à découvrir d’autres aspects de la vie fribourgeoise, situés en milieu urbain. Cela dit, comme ils vivent en ville pour la plupart, ils les connaissent souvent déjà.

Propos recueillis par François Mauron