Assemblée générale de l’Association des communes fribourgeoises

Allocution de Mme la Conseillère d’Etat Marie Garnier

Assemblée générale de l’Association des communes fribourgeoises
samedi 8 novembre 2014, à 08h30, à Cugy

(Allocution de Mme la Conseillère d’Etat Marie Garnier)

Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les Conseillers aux Etats et nationaux, Mesdames et Messieurs les représentants des communes fribourgeoises, Madame la Présidente du Grand Conseil, Monsieur le Président du Conseil d’Etat, chers collègues, Messieurs les Préfets,
Mesdames et Messieurs,

Au nom du Gouvernement, je tiens tout d’abord à vous remercier d’associer les autorités cantonales à votre assemblée annuelle. C’est un honneur et un plaisir d’être ici aujourd’hui.
Le rapport de votre Présidente l’a montré : les défis ne manquent pas.
La situation financière du canton et des communes est fragile. Plusieurs menacent pèsent sur elle. La réforme à venir de l’imposition des entreprises est un défi de taille qu’il faudra aborder ensemble.

Les adaptations de la péréquation fédérale ou la diminution des rentrées provenant des bénéfices de la BNS pèsent d’ores et déjà sur le budget cantonal. Du côté des communes, l’évolution démographique et sociale de ces dernières années exige des infrastructures coûteuses, dans le domaine scolaire, dans les transports, pour les personnes âgées…

Zu diesen besorgniserregenden finanziellen Aussichten kommen die Bedenken über den Umweltschutz hinzu.

Der Raum ist zunehmend unter Druck, und damit wird auch die Verpflichtung stärker, besser zu planen, um Böden zu schonen. Die Raumplanung wird gleichzeitig notwendiger und schwieriger.

Die Interessen gehen immer mehr auseinander. Der Landwirt, der Förster, der Naturschützer, der Strassenbauer und der Bauträger begehren die gleichen Gebiete. Die Gemeinden und der Kanton müssen immer öfter als Schiedsrichter agieren, wenn nicht sogar als Feuerwehrmann.

En ceci il importe de regrouper les actions par exemple pour offrir des zones d’activités bien équipées et bien desservies. Planifier ensemble permet d’être efficace pour l’économie tout en protégeant l’environnement. Il ne faut pas se voiler la face, Etat et communes ne vivent pas toujours ou pas encore une parfaite histoire d’amour. La couverture semble plus petite, et la tentation est grande de la tirer un peu plus à soi. Nous oublions parfois qu’au final, nous œuvrons, vous et nous, pour le même citoyen, le même usager et le même contribuable.
Et ceci n’est pas une leçon de morale à l’intention des communes mais bien un message destiné à toutes les autorités politiques.
La récente décision du Grand Conseil de supprimer de la nouvelle loi scolaire le mécanisme de la bascule fiscale, avec le soutien de votre association, a eu, il faut l’avouer, un peu de mal à passer auprès du canton.

Auch die Struktur- und Sparmassnahmen, die der Kanton letztes Jahr beschlossen hat, stiessen zweifellos auf wenig Akzeptanz auf seiten der Gemeinden. Diesbezüglich ist zumindest das Engagement des Staatsrats, auf längere Sicht ein positives Ergebnis für die Gemeinden zu erreichen, die Erfolgsgarantie für das Unterfangen, sowohl für Sie als auch für uns. Und somit für die Freiburgerinnen und Freiburger.

Wir können sicher sein, dass uns angesichts der kommenden Herausforderungen die Hände gebunden wären, würden wir nicht zusammenarbeiten.
Concentrons-nous sur les problèmes qui nous unissent plutôt que sur ceux qui nous divisent. Bâtissons un avenir ensemble, sans querelle de clocher.
Permettez-moi maintenant de faire quelques réflexions sur la politique régionale, même si cela rallonge un peu le discours. Après la guerre de 39-45, plusieurs Länder allemands ont fusionné. En France, le débat sur la taille des régions fait rage. En Suisse, en 1597, Appenzell s’est scindé en deux cantons, Appenzell Rhodes-Intérieur et Appenzell Rhodes-Extérieur pour des questions de paix des religions. AI a 16’000 habitants, soit une taille entre Villars-sur-Glâne et Bulle. En 1979, le canton du Jura a été créé pour des questions essentiellement de langue.
Le canton de Fribourg est un canton compliqué de ce point de vue puisque les majorités de langues et de religions varient selon les districts. Mais nous, les fribourgeois, sommes encore tous ensemble et c’est aussi ce qui fait notre force.
Cependant, le canton doit dépasser les régionalismes pour une vrai politique cantonale élaborée avec l’aide des régions. Plus que quelle sera ma commune dans 30 ans, dans quel district, les habitants se demandent : aurai-je une bonne qualité de vie dans un environnement préservé ? Devrai-je attendre une heure en voiture dans les bouchons pour atteindre le centre-ville ? Où iront mes petits-enfants à l’école ? Trouveront-ils un emploi ici ? Mes parents seront-ils bien soignés ? L’ambiance dans mon quartier ou mon village sera-t-elle conviviale ? Gottéron va-t-il gagner ? Les questions sont complexes et méritent réflexion. Mais y répondre est essentiel, en tout cas pour la majorité d’entre elles. Car le Fribourg de demain se dessine aujourd’hui et en commun. Planifiez l’avenir avec vos voisins sous l’égide des Préfets, mettez en place ou renouvelez les plans directeurs régionaux. Les exemples de succès ne manquent pas.
Dabei denke ich zum Beispiel an die Sportanlagen, die dank des Regionalverbands Greyerz möglich waren, an die Energiepolitik der Region Sense oder an die Studie zu den neuen regionalen Arbeitszonen im Seebezirk.
J’ai même constaté que les communes broyardes veulent se mettre ensemble pour compenser les zones à bâtir et que la Glâne a une seule association de communes pour les EMS, les soins à domicile et les prestations familiales. En Veveyse et en Sarine, les communes se regroupent pour les CO.
Les régions européennes sont trop grandes pour la Suisse. Les cantons comme AI trop petits pour Fribourg. Mais nous avons les districts qui se prêtent bien à une politique régionale adaptée à nos particularités. Les districts peuvent aussi travailler ensemble sur certains sujets ou profiter de leur plurilinguisme pour favoriser la connaissance des langues. N’ayez pas peur d’être ambitieux, présentez des projets. Tout ce qu’on prépare ne peut pas se réaliser. Mais rien ne se réalise si on ne prépare rien. « On ne subit pas l’avenir, on le fait » disait l’écrivain français Georges Bernanos. Parfois certaines idées font d’abord grimper aux murs, mais je vois que cette salle est équipée pour cette phase de test risquée, afin d’affiner les idées.
Prenons le domaine médico-social. L’adéquation de l’offre de prestation avec les besoins de la population passe par une concertation régionale. Le développement des prestations des services d’aide et de soins à domicile, p. ex. influence la demande en places d’EMS et vice-versa. Il n’appartient pas aux fournisseurs de prestations de décider de l’offre à développer, mais bien aux communes qui le financent. Toutefois, pour pouvoir décider, il faut pouvoir prendre en considération l’ensemble des offres disponibles dans une région. Ainsi la création d’associations de communes par district (réseaux médico-sociaux par district) permettra d’une part de définir quel mandat donner à quels fournisseurs de prestations (type et volume de la prestation) sur la base d’une évaluation générale des besoins. Il permettra aussi de garantir la coordination entre ces fournisseurs et l’information à la population.

Soyez des acteurs de l’avenir de vos communes et de vos régions. Discutez vos idées, consolidez-les avec les préfets, qui sont les intermédiaires parfaits pour coordonner ces initiatives locales avec la planification cantonale. L’Etat a besoin de cette dynamique « bottom up » pour assembler les pièces du puzzle cantonal avec votre participation.

Je le sais, je l’ai dit, vos tâches sont déjà lourdes, et de telles réflexions nécessitent du temps et de l’énergie. Mais des outils existent.

La fusion de communes en est un. Une taille critique permet de répartir plus clairement les tâches : l’opérationnel à l’administration et le stratégique aux élus. Plus grandes, les communes sont aussi plus fortes pour porter leurs idées. Au risque de me répeter, le canton encourage les fusions.

Notamment avec le soutien du Service des communes dont je salue les collaborateurs ici présents.

Au niveau légal, l’Etat cherche également à lever les obstacles qui pourraient freiner une fusion. Je pense notamment au projet de loi prévoyant le report des élections communales en cas de fusion.
Ce projet est issu d’une motion déposée à la fin du mois de juin par votre présidente Nadia Savary et M. Yves Menoud, membre de votre comité. Il a été concrétisé en un temps record, moins de deux mois, au cœur de l’été, et a recueilli un soutien unanime lors de la consultation et de la séance de Commission. Il sera débattu au Grand Conseil dans 10 jours.

Le Conseil d’Etat doit se prononcer également sur une nouvelle motion des mêmes auteurs, demandant celle-ci une prolongation de l’aide financière aux fusions.

La fusion n’est bien sûr pas la seule option à envisager. Les collaborations régionales en sont une autre. Je vous invite aussi à aller au-delà. Dans vos rêves d’avenir, ne vous arrêtez pas aux structures territoriales, communes, districts, arrondissements et autres qui existent aujourd’hui.
Le récent débat sur les cercles électoraux l’a montré : les découpages de notre canton, doivent parfois être dépassés. Mettez à profit votre connaissance du terrain et de votre population pour réfléchir aux structures à mettre en place. De notre côté nous faisons notre possible pour vous aider rapidement que ce soit pour les SDA ou les autres aspects mentionnés par votre Présidente.

Il est de notre devoir de nous soutenir mutuellement. Ne cherchons pas à conserver nos modestes pouvoirs, mais donnons ensemble aux Fribourgeoises et Fribourgeois le cadre d’une vie belle et harmonieuse.

« Si tu veux aller vite, marche seul. Mais si tu veux aller loin, marchons ensemble », dit un proverbe africain. Marchons donc ensemble sur la route qui mène au Fribourg de demain.

Le lieu est idéal pour finir sur cette promesse d’amour entre l’Etat et les communes, puisque Cugy pourrait venir du latin Cupidus, qui signifie « qui désire, qui aime passionnément ». Si ça n’est pas vrai, c’est en tout cas un lieu où l’on cherche un mariage avec les communes voisines.

Je vous félicite pour la passion qui vous anime toutes et tous, et pour votre engagement en faveur de vos concitoyennes et de vos concitoyens.

Die Freiburgerinnen und Freiburger haben Glück, dass sie auf Ihre Hingabe zählen können.
Ich wünsche Ihnen allen einen schönen Tag.

Très bonne assemblée à tous !